Projet de désaturation de la ligne 13 : lancement de la concertation
Post de admin le jan 5, 2010 dans On parle de la ligne 13 |
Le 11 janvier 2010 démarre la concertation autour du projet de désaturation de la ligne 13 par le prolongement de la ligne 14. Six réunions publiques sont prévues et constitueront autant d’occasions de s’informer, de s’exprimer et de contribuer au projet. Clôture de la concertation le 12 février 2010.
Pour en savoir plus : www.desaturationdelaligne13.com
Pour en savoir plus : www.desaturationdelaligne13.com
Il y avait plusieurs propositions dans le dossier de concertation, et parmi ces propositions le choix du STIF (la prolongation de la ligne 14 vers Saint-Denis) n’est pas la meilleure. Comparée à la météorisation de la branche Asnières-Genevilliers, elle présente certains avantages, mais un inconvénient de taille : elle ne répond pas au problème posé.
Dans la grille de choix présentée par le dossier, le prolongement a trois avantages : le maillage , le coût, et les désagréments posés par les travaux. Cependant, parmi ceux-ci, les deux derniers sont temporaires. Le coût de la météorisation n’est plus élevé que parce que les travaux à réaliser sont plus importants, et pas parce que les travaux en eux-même sont plus complexes ou risqués. Les désagréments dûs aux travaux sont incontestables, mais ils cesseront naturellement une fois les travaux réalisés. De plus, les notes données aux différents projets sur les critères maillage /zones desservies ne sont pas cohérentes : le RER C dans les deux cas se voit connecté à la ligne 14 à la porte de Clichy, aucune nouvelle station n’est créée même dans le cas du prolongement, et ce dernier double la ligne du RER C qui n’est pas saturée sur une portion du trajet. Les différences entre le service rendu par les deux projets sur ces seuls critères ne sont pas assez importantes pour emporter la décision.
Inversement, le seul point où le prolongement est moins bien noté que la météorisation, c’est la désaturation de la ligne 13, mais le dossier fait penser que les différences sur ce point sont faibles. Or si l’on calcule l’offre de service disponible dans chaque station affectée par l’évolution, la différence est criante. Le nombre de trains en pointe sur la ligne 13 restera identique, car il est contraint par le temps de retournement au terminus de Châtillon-Montrouge. Pour le prolongement, le dossier présente une réduction de 25% de la charge de la ligne 13, seulement par report des passagers d’une ligne à l’autre ; et une charge totale de la ligne 13 qui passerait à 75%. Or cela doit être la situation en 2017, alors que la ligne est dès aujourd’hui chargée au-delà de l’acceptable aux heures de pointe, et ce même avant les stations de correspondance prévues dans le projet. En prenant en compte les développements urbains décrits dans le dossier de concertation, mais aussi ceux qui n’y sont pas décrits et qui touchent les villes situées plus loin sur la ligne 13, l’augmentation de trafic prévisible absorbera facilement les capacités ainsi dégagées, et rendra la situation sur les branches au-delà des points de correspondance extrêmement difficile. Comparé à cela, la météorisation apporte une forte amélioration pour l’ensemble des utilisateurs de chacunes des branches de la ligne 13. Sur la branche 13 ouest, le passage à la ligne 14 amènera une capacité de 30 000 passagers par heure, alors que la branche est verra mécaniquement sa capacité passer de 11 500 à 23 000 passagers par heure. Il faut bien voir que la météorisation de la branche ouest ne lèse pas les utilisateurs de la branche est : ceux-ci voient la capacité de la ligne 13 doubler, et le passage à une ligne unifiée signifie aussi que la fréquence des trains sera améliorée. Au final, ce projet permet d’absorber une forte augmentation de fréquentation sur les deux extrémités nord de la ligne 13 et d’utiliser ces lignes de métro comme des portions structurantes du réseau de transport en commun même au niveau de ses extrémités, plutôt que de les voir comme des points noirs surchargés à délester.
Au final, le choix présenté dans cette concertation par le STIF semble être le choix du moindre mal à court terme, avec en particulier une emphase sur deux problèmes transitoires que sont le coût des travaux et la réduction des perturbations que provoquent ceux-ci, en échange d’une solution qui ne résout rien, puisqu’elle continue de fournir un service insuffisant aux points les plus éloignées de la ligne 13, et empêche tout évolution future de celle-ci.